Emmanuelle Renard et Sophie Sainrapt, peintures à quatre mains

« Barroco » – Emmanuelle Renard et Sophie Sainrapt

Une exposition à quatre mains

Portrait des artistes Sophie Sainrapt et Emmanuelle Renard

Créer à quatre mains, c’est accepter que l’autre intervienne, déplace une forme, recouvre un trait ou entraîne l’œuvre vers un territoire imprévu.

Sophie Sainrapt et Emmanuelle Renard connaissent intimement leurs pratiques respectives. Lorsqu‘elles travaillent sur une même œuvre, chacune apporte son geste, ses figures et ses couleurs, aucune ne conserve la maîtrise de la composition. L’œuvre progresse par réactions successives : une forme en appelle une autre, un personnage surgit d’un fond, un trait contredit puis prolonge le geste précédent.

De cette confrontation complice, entre vibrations et sensualité, naît une création commune, qui se construit par métamorphoses et accidents, une troisième écriture impossible à attribuer à l’une plus qu’à l’autre.

Deux univers artistiques en dialogue

Emmanuelle Renard construit une peinture en absolue liberté, intensément barbare et lumineuse. L’existence enchantée, traversée par le végétal, l’animal et l’apparition de figures étranges y a tous les droits. La matière semble toujours en mouvement, la vie exulte. Les formes se transforment, s’assemblent ou se dérobent, comme si le tableau était un monde traversé par les forces archaïques, encore en train de se constituer.

Sophie Sainrapt place depuis toujours le corps féminin au centre de son travail. Son dessin, libre et immédiatement reconnaissable, explore la sensualité, le désir et la puissance du vivant. Ses figures s’imposent sans prudence excessive : elles habitent pleinement l’espace et revendiquent leur liberté.

Dans Barroco, ces deux écritures se rencontrent sans se confondre. Les corps de Sophie Sainrapt se mêlent aux mondes sauvages d’Emmanuelle Renard. L’humain dialogue avec l’animal, le végétal devient charnel et d’improbables créatures apparaissent dans une explosion de couleurs.

Barroco : un baroque réinventé

Le titre de l’exposition évoque naturellement le baroque, son goût pour le mouvement, l’excès, les métamorphoses et les compositions foisonnantes. Pourtant, les artistes n’en proposent ni une citation savante ni une reconstitution. Barroco désigne plutôt une liberté prise avec les formes et les règles.

Rien n’est parfaitement stable : les personnages se transforment, les échelles se brouillent et les éléments naturels semblent doués d’une vie propre. Le grotesque côtoie le sublime, l’inquiétude rencontre l’humour et la sensualité surgit au cœur du fantastique.

Peintes sur papier, les œuvres associent l’huile, l’encre, le pastel et les jeux d’eau. Les superpositions, les effacements et les reprises rendent visible leur processus de création. La surface conserve la mémoire du dialogue entre les deux artistes : ses accords, ses résistances et ses heureux accidents.

Un monde de chimères et de métamorphoses

L’exposition entraîne le visiteur dans un univers fertile, traversé par des femmes, des oiseaux, des animaux fabuleux, des feuillages et des formes difficiles à nommer. Le vivant déborde, produit des métamorphoses, des rapprochements inattendus et parfois des monstres délicieux.

Cette profusion, l’éclat des couleurs et l’exubérance des compositions dessinent un monde où les espèces disparaissent. La transformation constitue moins un accident qu’un principe de vie.

Barroco à la galerie Retour De Voyage

Avec Barroco, Retour De Voyage invite à découvrir une aventure artistique fondée sur le partage, l’abandon et la surprise. Les œuvres témoignent de ce moment rare où deux pratiques singulières parviennent à faire naître un territoire libre, sensuel, drôle et inquiétant, intensément vivant.

Les œuvres de l’expo